Quand je croise ceux qui ont suivi mes aventures depuis l’époque où j’étais tenancière du blog de Bagatelles, c’est la première question qu’on me pose : comment s’est passée la vente ? Pourquoi j’ai vendu, comment j’ai fait, est-ce que c’était dur de m’en séparer ?
Pendant longtemps, sauf avec mes proches, je n’avais pas très envie d’en parler, de cette vente…
En 2006 et fin 2007, on m’avait proposé de racheter le site. À chaque fois, j’avais vécu ça comme une agression – un peu comme si on demandait à une mère combien vaut son enfant… Au fonds, Bagatelles, c’était une sorte de prolongement de moi, ma première boite, celle dans laquelle j’avais mis toutes mes tripes.
Cinq ans ont passé, entrainant petit à petit une certaine usure du quotidien : la routine des gammes produits, les emmerdes de la logistique colis. Bref, tout un tas de facteurs qui m’ont amenée à me poser des questions sur ce que je voulais vraiment et m’ont donné envie de regarder s’il n’y avait pas autre chose que je pourrais faire, en marge de Bagatelles.
L’idée de UnCadeau.com est née assez naturellement : en cherchant pour Bagatelles des supports de diffusion de mes offres qui soient plus spécialisés que les Leguide.com et consors, je suis tombée sur Gifts.com dont le concept m’a plu. Il y avait dedans tout ce que j’avais envie de faire : de l’offre produit, du marketing en ligne, de l’acquisition de trafic et surtout plus le moindre colis à préparer.
Au début, je voulais garder les deux : Bagatelles et UnCadeau.com et puis – en montant le nouveau projet, je me suis aperçue que c’était utopique de penser que j’allais pouvoir gérer ces deux activités différentes de front. J’ai choisi de vendre Bagatelles et de me concentrer sur Quaelead.
Quand on vend sa boutique en ligne on vend quoi exactement ? Comment s’estime le prix ?
On voit souvent des informations circuler sur les valorisations des sites web. Le dernier chiffre que j’ai lu était à 5 fois le CA annuel. Personnellement, je n’y crois pas, sauf cas exceptionnel ou dans le cadre d’une activité de contenu où les revenus sont générés par la publicité.
Le e-commerce, comme toute activité de commerce, se valorise sur la base de plusieurs éléments :
- le chiffre d’affaires, sa progression au cours des derniers trimestres et aussi – cela va de soi – la marge générée
- la base clients, qui aura d’autant plus de valeur que le taux de récurrence client est élevé (fidélité des acheteurs)
- « l’emplacement » virtuel du site : son audience, notamment grâce à la qualité de son référencement naturel
- la qualité technique du site (design, ergonomie, solidité de la solution e-commerce)
- les éléments de contenu : qualité des photos, rédactionnel, présence d’un blog, d’une communauté…
Tous ces éléments sont chiffrés et feront partie d’une longue liste des actifs qu’on vend. À tout ça, on peut ajouter des clauses spéciales, comme le fait que le fondateur reste un certain temps après la cession ou s’engage à effectuer un accompagnement à court ou moyen terme.
Comment j’ai trouvé un acheteur…
Au moment où j’avais décidé de lancer UnCadeau, j’ai été approchée par un agent qui se proposait de servir d’intermédiaire pour la vente de sites marchands. Je l’ai rencontré, puis entamé une négo sur la vente auprès d’un groupe qui cherchait à acheter plusieurs sites en même temps. Le groupe en question n’a pas eu les fonds qu’il cherchait à lever pour ses acquisitions, le projet est tombé à l’eau.
Dans le même temps, j’ai commencé à chercher du côté des places de marché de sites web, comme Sedo ou encore Boursoweb. Le premier n’était pas vraiment adapté à la vente de ma boutique en ligne mais le second m’a permis d’établir un contact très sérieux.
Enfin, j’ai posté un article sur Bagatelles. Parce que ma décision était prise, que j’avais toujours parlé librement et que je voulais prévenir les lecteurs fidèles du blog, leur expliquer que j’avais décidé de vendre pour pouvoir rompre un cycle et me lancer dans quelque chose de nouveau.
Finalement, c’est par ce dernier billet que j’ai trouvé mon acheteuse. Une lectrice du blog, Peggy André, m’a contactée pour savoir si j’avais signé un compromis et qui voulait savoir si elle pouvait se positionner. Quelques jours plus tard, il me restait deux acquéreurs en shortlist, je l’ai choisie elle.
À partir de là, tout s’est enchainé très vite, le 30 septembre on signait la cession, le 4 octobre je livrais « tout » Bagatelles, pour ouvrir UnCadeau.com quelques jours après.
Et après, comment ça se passe ?
Pour avoir vu quelques ventes de sites se dérouler autour de moi ces dernières années, je constate qu’il n’y a pas de règle unique. En fonction de la taille de la boutique, de sa dimension communautaire, des conditions de la vente, de la personnalité du fondateur (et de l’attachement qu’il avait à sa boite) tout peut se dérouler très différemment d’une vente à l’autre.
Dans tous les cas, je pense que c’est dur pour un entrepreneur de se détacher de sa boite. Parce qu’on y pense 24h/24 : le matin sous la douche, le midi en déjeunant, le soir en faisant l’amour. Autant dire que le cordon est difficile à couper.
Pour ma part, le fait d’avoir enchainé immédiatement sur une nouvelle création d’entreprise m’a permis de me focaliser sur autre chose. Malgré ça, pendant longtemps, il m’a été difficile de retourner sur le blog de Bagatelles et de voir une nouvelle histoire s’écrire sans moi.
Peggy – la nouvelle patronne – s’est approprié complètement le site, a totalement changé le design, l’orientation produits. Même si ses choix ont été radicalement opposés à ceux que j’aurais fait, elle a eu raison car c’est finalement ce qui m’a permis de faire complètement le deuil de la fin de cette aventure.
Au final, et avec un an de recul, la chose que je changerais, si c’était à refaire, ce serait la négociation sur les contenus écrits, notamment certains articles très personnels du blog que j’aurais préféré mettre hors ligne. Pour le reste, mon aventure d’entrepreneur(e) continue à s’écrire chaque jour avec enthousiasme, et sans regrets, et c’était le but :-)


joli billet… on retrouve l’humeur et le ton des premiers billets de Bagatelles :)
Commentaire by fx on 2 février 2011 at 8 h 50 min
Merci fx ! Ravie de te retrouver ^^
Commentaire by Mathilde on 2 février 2011 at 8 h 51 min
Je trouve ça un peu émouvant… c’est vrai qu’un site, un projet qu’on porte pendant des années, c’est dur de s’en séparer… Mais l’important, c’est que tu ais fait le bon choix pour toi :)
Commentaire by Murielle on 2 février 2011 at 9 h 04 min
Bonjour,
Cet article à la fois très personnel mais riche pour le lecteur me rappelle un peu la qualité qu’avaient encore beaucoup des blogs quand j’ai commencé à en lire en 2007. Cette qualité était également liée à des gens audacieux qui partageaient encore pas mal de leur quotidien… avant qu’une jalousie ambiante ne ferme les cœurs et les bouches de certains.
Alors que je me pose pas mal de questions sur entrepreneuriat, je trouve ce genre de retour d’expérience particulièrement précieux. Merci.
Et excellente continuation bien sûr. :)
Commentaire by secteur sud on 2 février 2011 at 9 h 16 min
@ Murielle : j’ai mis longtemps avant de pouvoir écrire ce billet. Forcément, une page qui se tourne, c’est un moment fort mais je suis contente d’avoir eu l’opportunité de rebondir très vite et de lancer autre chose, en utilisant tout ce que j’avais appris en 5 ans de Bagatelles.
@ Secteur Sud : plus le contexte est concurrentiel et moins on a envie d’en dire en général ;-) J’espère que ce retour d’expérience apportera des éléments de réponse à ceux qui se posent la question de l’après…
Commentaire by Mathilde on 2 février 2011 at 9 h 30 min
Cela donne un aspect bien plus humain au sujet, merci d’avoir partagé cette période!
Commentaire by marie on 2 février 2011 at 9 h 31 min
Oui je comprends parfaitement cette logique malgré tout je crois que tu as un goût pour la pédagogie que tout le monde n’a pas.
Il y a une différence entre écrire sur le présent de sa structure (ce qui est effectivement risqué dans bien des domaines) et écrire sur les 3 ou 6 derniers mois ;).
Quand on sait que beaucoup d’entreprises n’ont pas énormément de visibilité à plus de 3 mois, je crois que c’est aussi une démarche propre à l’entrepreneur de vouloir faire le point (pour soi et pour les autres). C’est assez rare sûrement aussi rare que les commentaires que je poste sur les blogs… Non… C’est beaucoup plus rare en fait ;)
Commentaire by secteur sud on 2 février 2011 at 9 h 54 min
Super billet ! Peut être un jour m’arrivera t’il la même chose avec ma boutique de cravate !
Commentaire by Les cravates de Florence on 2 février 2011 at 10 h 01 min
Son entreprise c’est comme son bébé, je me retrouve bien dans ce que tu dis. Il est vrai que tu avais été très discrète sur la vente de Bagatelles. C’était sans doute nécessaire. Tu n’as pas beaucoup communiqué sur la vente et tu es passé à une chose très vite. C’est donc un plaisir de pouvoir lire ton retour d’expérience sur la vente de Bagatelles et ton ressenti à ce moment là et après.
Commentaire by Frédéric on 2 février 2011 at 10 h 20 min
@Marie : je partage l’expérience avec plaisir. Dans toute création d’entreprise on se pose plein de questions et j’ai toujours apprécié de pouvoir lire ce que d’autres avaient rencontré comme facilités ou difficultés.
@les cravates de Florence : j’aime bien votre site :-)
@Frédéric : je trouve ça mieux d’avoir pris le temps de digérer tout ça. Et je suis très contente de retrouver certains lecteurs de Bagatelles ici !
Commentaire by Mathilde on 2 février 2011 at 13 h 16 min
Coucou Mathilde,
Contente de te retrouver ici. Ce ton de billet nous manquait. Le premier d’une longue série?
A très bientôt j’espère…
Commentaire by Corinne on 2 février 2011 at 14 h 28 min
Bonjour Mathilde,
Très heureuse de retrouver ta prose, et merci de ce partage d’expérience.
Commentaire by Myna on 2 février 2011 at 15 h 15 min
Tu sembles avoir gagné une qualité de vie exceptionnelle en contrepartie :
loin de Versailles, proche des vacances …
Je crois que c’est l’aspect le plus enthousiasmant de ton histoire d’entrepreneuse, et ce que recherche peut-être la plupart d’entre nous : le compromis idéal entre vie professionnelle, et vie personnelle.
Cette vie-ci (uncadeau.com à Toulon) sera peut-être – elle – impossible à céder cette fois ?!
Commentaire by monsieur pop on 2 février 2011 at 15 h 40 min
« haaa, la routine des gammes produits, les emmerdes de la logistique colis »… Tu as sans doute su arrêter à temps (à méditer donc…) et cette page semble bel et bien tournée en effet… J’imagine aussi le chemin parcouru pour écrire tout cela aujourd’hui…
Commentaire by Mzelle Lulu on 2 février 2011 at 19 h 09 min
@Corinne : Contente aussi de t’y retrouver ^^
@Myna : merci !
@monsieur pop : l’équilibre vie perso / vie pro est aussi quelque chose sur lequel j’ai pas mal travaillé. J’ai la chance – en un sens, de vivre avec quelqu’un qui connait la même aventure que moi et nos rythmes sont totalement synchrones…
@Mzelle Lulu : parfois j’ai une nostalgie des étagères bien remplie et de l’odeur d’épices qui flottait chez Bagatelles. Mais ça passe quand je vois un camion de la Poste passer sous mes fenêtres ;-)
Commentaire by Mathilde on 2 février 2011 at 20 h 01 min
Sympa en effet. J’ai longtemps pensé qu’il me serait impossible de vendre mon « bébé ». Mais les choses changent, avec le temps et on peut mettre de côté une expérience pour en vivre une nouvelle. Ce qui y a de bien, c’est de trouver quelqu’un pour faire perdurer le premier projet.
Et sinon, le prix ?
Erwan
Good Luck Ecommerce
Commentaire by Good Luck Ecommerce on 3 février 2011 at 0 h 03 min
@ Good Luck Ecommerce : les modalités financières de la vente sont sous clause de confidentialité…
Commentaire by Mathilde on 3 février 2011 at 8 h 15 min
Ravie de te retrouver sur un blog :) Je t’avoue que parfois je pense à toi quand je suis sous le rush des commandes et je me dis « elle en a de la chance de ne plus avoir de colis à faire » ;)
Commentaire by Alexandra on 3 février 2011 at 11 h 49 min
Je pense effectivement que le fait que peggy se soit appropriée le site avec ses produits et ses gouts a du faciliter les choses pour toutes les deux car il n’est pas evident de reprendre un site « reconnu » et suivi. L’important est de tourner la page sur cette belle aventure pour toi et de commencer une nouvelle pour peggy
Commentaire by Nadia on 4 février 2011 at 21 h 41 min
Je suis toute émue en lisant tout ça :) Des bises !
Commentaire by elsa on 9 février 2011 at 11 h 44 min
Alexandra, Nadia, Elsa => je suis ravie de retrouver un peu du blog de Bagatelles ici :-)
Commentaire by Mathilde on 9 février 2011 at 11 h 53 min
Hello Mathilde,
Welcome Back :) tes écrits me manquaient…Le lead est-il plus cool que la (vraie) vente ? Vous le saurez dans les prochaines aventures de Mathilde. En tous les cas, Big Up pour tes sites, ils sont très chouettes.
A bientôt
/Olivier
Altics
Commentaire by /Olivier on 9 février 2011 at 19 h 07 min
Bonjour,
J’apprécie grandement votre article. Après pour la vente d’un site internet, il faut réussir à trouver le bon moment. Des petites actions peuvent vous permettre de gagner quelques milliers d’euros supplémentaires dans la vente du site. A vous de les trouver !
Commentaire by Damien Petitjean on 14 février 2011 at 7 h 48 min
L’important c’est de savoir rebondir dans la bonne direction et comme vous dites ce n’est pas toujours facile car les projets c’est comme les enfants on s’y attachent bien heureusement
Commentaire by olivia on 14 février 2011 at 16 h 38 min
Conseils tres interessants. A quand la suite?
Commentaire by Daniel on 15 février 2011 at 14 h 14 min